La liqueur de clémentine maison, une recette longtemps gardée secrète
Voilà une liqueur de clémentines maison aux épices douces à l’honneur aujourd’hui !
Je viens de me rendre compte en écrivant cette recette que je n’avais publié qu’une seule recette de liqueur depuis le début du blog,
la liqueur de bourgeons de pin.
Je ne sais pourquoi je ne vous partage pas ce genre de recettes plus souvent car finalement
j’en concocte régulièrement avec des fruits ou des herbes de saison.
Dans mes placards sont sagement rangées les liqueurs de pin, de romarin, de thym, de noyaux d’abricots et même l’eau des Carmes y séjourne.
J’aime beaucoup réaliser ces breuvages, tout comme les confitures et gelées diverses que je mange assez peu finalement.
Je crois que ce qui me fait le plus plaisir est de les faire, les consommer n’est plus qu’un plaisir secondaire.
Je suis un peu comme ça pour tout, j’aime préparer Noël,
les tubes de peinture sortent de leur boîte avec tout un tas de petit matériel et je fabrique,
j’anticipe le décor avec beaucoup de bonheur, c’est aussi vrai quand je fabrique mes cosmétiques ou produits d’entretien.
J’aime faire, créer, mélanger, tester, voir l’avancée, mais le produit fini ou le moment tant attendu n’est pour moi que le résultat, juste l’aboutissement normal.
Liqueur de clémentinesCrédit : @amandebasilic
Le choix des clémentines, un point à ne pas négliger
Pour la liqueur de clémentines, naturellement pas de balades et de cueillettes,
(pour cela il faudrait que je m’introduise dans le verger d’un producteur local !),
mais un petit tour au marché chez “mon” fournisseur d’agrumes.
Son petit étal est une vrai caverne d’Ali Baba, pamplemousses encore légèrement verts et pas bien ronds,
kumquats toujours accrochés à un morceau de branche, citrons jaunes de la taille d’une noix avec
un délicieux parfum, oranges douces et bien évidemment ces clémentines que j’aime tant.
Pour une liqueur, le choix des clémentines est important.
Les zestes étant la matière première de la macération, mieux vaut partir sur des fruits biologiques (les pesticides se concentrent précisément dans l'écorce).
Je privilégie les clémentines de Corse,
dont l'IGP garantit l'origine et le soin apporté à la culture (leur parfum est incomparable).
Et si vous ne trouvez pas de Corse, n'importe quelle clémentine bio parfumée fera l'affaire. L'essentiel est que le fruit sente bon avant même d'être épluché.
Un petit détail qui change pas mal de choses : une fois les zestes prélevés,
il faut gratter soigneusement l'albédo, cette fine peau blanche entre le zeste et la chair.
Elle contient des composés amers qui déséquilibreraient la liqueur.
Quelques minutes de travail supplémentaires, mais au combien nécessaires (et puis cette recette étant de toute façon un exercice de patience, quelques minutes de plus ou de moins...).
Ce qu'on en fait (et c'est là que ça devient intéressant)
Je n’avais jamais encore pensé à faire de la liqueur de clémentines,
pourtant je connais depuis longtemps la célèbre Mandarine Napoléon, alors pourquoi pas la clémentine ?
Cette boisson (à consommer avec modération) pourra être utilisée comme digestif,
même si personnellement je n’en bois jamais, ou intégrer un cocktail comme toutes les liqueurs,
ou encore servir à la préparation de desserts.
C’est surtout cette fonction là qui m’intéresse pour parfumer des crêpes, une génoise, une salade de fruits, du chocolat maison…
La saveur qu’elle procure ne peut être remplacée par un autre ingrédient (à part une autre liqueur de clémentine évidemment).
En cuisine, elle s'utilise partout où l'on mettrait du Grand Marnier ou du Cointreau, mais avec ce parfum de clémentine fraîche en plus.
Quelques idées concrètes : une cuillère dans la pâte d'une crêpe Suzette à la clémentine,
un trait sur un strudel aux pommes et clémentine encore chaud,
ou quelques gouttes dans une vinaigrette pour une salade de mâche et grenade.
Elle parfume aussi très bien un chocolat chaud, un tiramisu aux agrumes ou une simple salade de fruits d'hiver.
Et pour ceux qui reçoivent : un joli bocal de cette liqueur maison, ficelé avec un brin de cannelle, fait un cadeau fait maison dont tout le monde se souvient.
Un exercice de patience, encore...
Un mot sur la conservation, puisque la question revient souvent.
Une liqueur maison bien filtrée (j'utilise un filtre à café, c'est suffisant) se conserve sans problème entre 12 et 24 mois dans un récipient hermétique,
à l'abri de la lumière et de la chaleur.
Comme pour tout spiritueux artisanal, elle s'améliore avec le temps : les arômes s'arrondissent, se fondent, perdent leur côté parfois un peu vif des premières semaines.
La patience, encore et toujours... C'est décidément la vertu cardinale de cette recette.
Et parce que j'aime décliner les recettes dans tous les sens, sachez que cette base de macération fonctionne à merveille avec d'autres agrumes. La mandarine donne une liqueur plus douce et moins acidulée. La bergamote, plus rare, produit quelque chose d'extraordinairement parfumé et légèrement floral. Le citron, lui, donne une liqueur plus vive, presque tranchante — parfaite pour les desserts au chocolat. Le principe reste identique, seul le fruit change.
Ma liqueur de clémentines est inimitable en quelque sorte, par contre elle est reproductible !
Pour conclure et pour celles et ceux qui se poseraient la question, rassurez-vous, la production de liqueurs maison par macération est tout à fait légale en France.
la recette
Mode cuisine
Total:
Préparation:
Cuisson:
Repos:4 semaines puis 1 semaine
Ingrédients
la base
500g de clémentines de Corse ou autre variété biologique parfumée
1 litre d’alcool à 40° OU
50cl d’alcool à 90° et 65,4 cl d’eau
le sirop
350g de sucre de canne
35cl d’eau
1 bâton de cannelle
1 pincée de gingembre frais râpé
Instructions
1.
Tout d’abord, laver et brosser les clémentines sous un filet d’eau froide, les essuyer et les éplucher.
2.
Puis enlever la peau blanche de l’écorce en grattant avec un couteau afin d’éviter une légère amertume et les couper finement.
3.
Ensuite, déposer les zestes émincés dans un bocal avec le litre d’alcool, mélanger et fermer hermétiquement.
4.
Placer le récipient à l’abri de la lumière pendant 4 semaines en remuant de temps en temps.
5.
À l’issue du temps de repos, préparer le sirop.
6.
Dans une casserole, verser les 350g de sucre de canne, les 35cl d’eau, le bâton de cannelle et le gingembre. Mélanger avec une cuillère en bois et cuire à feu moyen afin d’obtenir un sirop épais.
7.
Filtrer l’alcool de clémentine (j’utilise un filtre à café), ajouter le sirop et bien mélanger les deux liquides.
8.
Laisser reposer au moins une semaine avant de déguster. Plus la liqueur vieillira, meilleure elle sera.
Questions fréquentes
Oui, et c'est même la solution la plus simple. Un litre d'alcool de fruit à 40° fonctionne parfaitement. L'option alcool à 90° dilué avec de l'eau permet d'ajuster le degré final plus précisément, mais le résultat est similaire. Dans les deux cas, privilégiez un alcool neutre en goût (la vodka fonctionne bien) pour ne pas parasiter le parfum des zestes.
Non. En dessous de 4 semaines, les arômes n'ont pas eu le temps de s'infuser correctement dans l'alcool. Au-delà de six semaines, la liqueur devient plus intense et complexe, ce qui n'est pas forcément un défaut. La semaine de repos après ajout du sirop est elle aussi indispensable pour que les deux liquides s'homogénéisent.
Techniquement oui, mais ce n'est pas recommandé. Les zestes concentrent les résidus de pesticides et c'est précisément la partie du fruit qu'on utilise ici.